Une catastrophe… Vraiment ? Mais pour qui ?

L’atmosphère sentait la cendre, le souffre et la chair carbonisée. Toute vie semblait avoir disparu de la surface d’Althian, et c’était vrai, en quelque sorte. L’espace de quelques secondes, peut-être minutes, le monde des Humains était vide de tout. Un peu comme si une catastrophe monstrueuse, de type astéroïde imprévu ou giga volcan, avait tout détruit. Et c’était vrai aussi, dans une certaine mesure. Aussi soudainement qu’inattendu, la dimension d’Althian s’était distendue, interrompant les combats acharnés entres Humains, Anges et Démons, qui s’arrêtèrent pour contempler l’air se charger d’électricité et se mettre à fluctuer. Une tribu du nord-ouest fit un véritable massacre parmi ses propres membres, attribuant les cheveux dressés sur la tête à l’apanage du Malin. Un véritable génocide mené avec efficacité en moins d’un quart d’heure.

A peine le temps de grignoter un sandwich, et de regarder Althian se transformer en pot de fleurs. Mais oui, un pot de fleurs très simple, tout ce qu’il y a de plus classique. Un géranium posé sur une petite table de bois ronde, dans une pièce ronde aux fenêtres et à la porte rondes. Une pièce située dans un gentil petit et confortable trou de Hobb… Ah, mais non. Voilà que le monde réapparaît, ravagé par les flammes, les tremblements de terre et les invasions d’escargots alcoolisés, le tout dans un fracas de fin du monde qui rappelle un peu le Heavy Metal tant apprécié du vieux Lui-Sait-Faire.

Dans les cieux, une boule de lumière qui fonce vers le sol et qui s’enflamme au contact de l’atmosphère et qui tombe, qui tombe… Mais au dernier moment, la forme luminescente ralentit, puis s’arrête tout à fait, suspendue à quelques mètres du sol. Alors le silence se fait, par pure coïncidence semble-t-il et, tandis que la Séraphine pose ses longues jambes bottées sur le sol, les incendies cessent, les continents s’assemblent, et un bruit de chasse d’eau se fait entendre tandis que les océans équilibrent leurs niveaux. Dans les tanières Humaines, les hommes se réveillent, et copulent à la Vie, persuadés de leur survie et de leur victoire contre les envahisseurs. A Ciféris et Célestia, on se lève avec la gueule de bois, mais l’on découvre rapidement les nouvelles portes finement ouvragées, ou non. Et les visages sont souriants, les yeux brillants : on va enfin pouvoir se battre sérieusement.

Sur Althian, la seule forme de vie Ailée qui s’y trouve fait quelques pas dans un sens, hume l’air, et sort une cigarette de son auréole. Elle gratte une allumette sur une botte et profite agréablement de se retrouver, enfin, sur Althian. Bien qu’il y fasse un peu chaud à son goût. Mais cela changerait.

Elle fit quelques pas pour s’emparer d’un morceau de papier fumant qui tombait du ciel à ce moment là. Elle dû faire un effort pour décrypter l’écriture en pattes de mouche digne du corps médical humain.

« J’ai lu quelque part, un jour, que les Sources de magie originelles de Ciféris et de Célestia sont faites pour s’opposer, se repousser. J’ignore si ce fait est exact, et à vrai dire les récents évènements ne me permettent pas de le vérifier. Je suppute toutefois que tout cela est lié, même si j’ignore de quelle façon.

Je couche aujourd’hui sur papier ma perception de ces évènements pour qu’elle puisse être archivée. Peut-être cela servira t-il à de futurs scientifiques Humains, qui pourront alors trouver une solution finale à l’extermination des races Ailées qui déferlent à nouveau sur Althian.

Cela fait plusieurs années que nos plus éminents scientifiques et chefs d’états s’attendent à une nouvelle invasion, ils se sont préparés à accueillir les Anges et les Démons grâce à une ancienne technologie inutilisée depuis deux millénaires, lors des derniers affrontements contre nos ennemis. Les Boucliers à résonance fluidifique nous permettent de les affaiblir, de les tenir à distance, et nous avons modifié cette technologie, avec le peu de connaissances que nous en avons, pour influer directement sur les portails spatiaux qui leurs permettent de naviguer entre leurs dimensions et la nôtre.

Dans une certaine mesure, notre opposition technologique a permis de canaliser les puissances des Ailés Primordiaux et de leurs sources de magie originelles, déployées pour ouvrir à nouveaux leurs passages vers Althian. Nous avons endigué ce pouvoir jusqu’à faire fusionner les failles de Ciféris et de Célestia pour qu’elles rejettent nos adversaires en une zone couverte par nos troupes d’élites. Nous espérions ainsi éliminer les Ailés et les forcer à abandonner leur tentative d’invasion tandis que nous bloquions leurs passages.

Malheureusement, notre Technologie n’a pas eu l’effet escompté, nous ne sommes parvenus qu’à les empêcher de repartir vers Célestia et Ciféris, ils ont donc continué à déferler sur l’ile de Centros, préparant l’arrivée de leurs Seigneurs. Ceux-ci ont poussé leurs magies pour se forer un passage à travers nos boucliers. De petites déchirures sont apparues un peu partout sur Althian, comme des trous noirs qui avalaient tout autour d’eux.

Puis nos boucliers ont explosé, ouvrant une déchirure monstre qui engloutit les représentants des trois races sur des kilomètres à la ronde. Nous fûmes avalés, ballotés dans tous les sens comme de vulgaires bottes de paille s’entrechoquant, puis renvoyés sur Althian en des lieux divers.

A notre grande surprise, la déchirure avait disparu, et il n’y avait plus trace du moindre Ailé dans les environs de l’ile de Centros. Nous crûmes tout d’abord à la victoire et mîmes en perce nombre de tonnelets de bière.

Mais nous avions oubliés les Primordiaux. Ils avaient fini par se frayer un chemin sur Althian, avaient résisté à l’explosion… Ils ont ouvert clandestinement plusieurs Portails entre leurs dimensions et la nôtre en des lieux éloignés de Centros.

A présent, Anges et Démons organisent leurs troupes en des points précis. L’Humanité est éparpillée aux quatre coins d’Althian, divisée car les uns remettent la faute de cet échec sur les autres. Et nous ne maîtrisons plus aussi bien notre Technologie qu’il y a 2000 ans.

Je suis pour l’heure à l’abri dans la zone d’influence de notre Bouclier Ultima ouest, et je m’efforce de développer une nouvelle technologie, mais trop de mes collègues scientifiques sont morts ou ont disparu. En attendant, nous devrons nous reposer sur le courage et la force de nos guerriers…

Prof. Jean Emmard »

Ce qu’il y avait d’étonnant avec cette lettre, c’est qu’au moment même ou l’Impératrice la lisait, elle n’avait probablement pas encore été écrite. Une petite erreur dans la remise à zéro du monde, sans doute…

    • faiz
    • 8 mai 2013 11:23

    Une petite erreur dans la remise à zéro du monde, sans doute…

    Bien vu ! :)

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