Prologue à l’Eternelle Guerre – Partie III

- Zêtes sûr que c’est ce soir au moins ?
- Oui, une de ces créatures nous l’a confirmé en échange d’une pinte de bière.
- Sont pas tellement confidentiels ces Démons, hein cheffe?
- ça dépend desquels mon brave. Mais je dirais surtout qu’ils se croient si supérieurs à nous qu’ils peuvent faire ça en toute décontraction, comme si nous pouvions y faire quelque chose. Tu comprends ?
- J’crois qu’oui cheffr. Sauf qu’on va leur mettre la pâtée pas vrai ? C’est quand ça commence ?
- Très bientôt, je pense. Tu vois ces flammes là-bas ? Ils ont allumé les bûchers, bientôt des centaines des nôtres seront sacrifiés. Mais nous n’y pouvons strictement rien, ils les gardent trop bien pour que nous les libérions… Ils le paieront très cher…

*En Althian, une importante armée Humaine s’était dissimulée dans les sous-bois. Il y avait là des hommes et femmes de tous bords, paysans, maçons, guerriers, idéalistes, homosexuels, racistes, et bien d’autres. Ils avaient apporté avec eux d’étranges machines de fer, parfaitement rondes, et alimentées par des câbles du diamètre de gros arbres. Ils ignoraient globalement comment fonctionnaient ces engins, mais ils en savaient suffisamment pour avoir décidé d’y faire appel.

Les plus fameux des Lords Humains étaient rassemblés ici. La cheffe, pour ce qui était de cette opération, portait de mince lunette dont la monture était d’or, maculée par les trombes d’eau qui tombaient du ciel. L’orage bourdonnait et, au loin, on apercevait de longs et lumineux éclairs. Bientôt la tempête se déchainerait, on entendait déjà les cris des suppliciés, là-bas, dans une clairière fermement défendue par une armée de petits Ailés.*

- Tenez-vous prêts, dit la femme aux lunettes. Et activez les boucliers !

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*Le Tyran fit craquer ses doigts, levant le regard vers le Démon suspendu qui hurlait qu’on le fasse redescendre. La poitrine nue du Saigneur démoniaque luisait à la lueur des flammes, son sourire était carnassier et – dans son dos – ses larges ailes noires frémissaient d’impatience.*

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*Un frottement, un brasillement, une petite étincelle rougeoyante et une bouffée de fumée. L’Impératrice enfila ses gants de cuir noir tout en tirant sur sa cigarette. Au sommet du pilier, le Catalyseur angélique attendait son heure avec calme, les bras écartés, frénétiquement persuadé par la grandeur de son sacrifice.*

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*L’orage éclata avec une fureur telle que des arbres furent aussitôt déracinés. Au loin, les bûchers rougeoyaient, il pouvait tomber des hectolitres d’eau, cela n’y changerait rien. La cheffe aux lunettes libéra un bouton poussoir de son cache de verre, la main prête à l’écraser. La Princesse soupira.*

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*La Séraphine appuya sa main contre le pilier de métal et libéra aussitôt une tempête de magie glacée, des éclairs bleus et verts la parcoururent et suivirent le pilier, pénétrant directement le Catalyseur qui s’illumina de d’éclairs bleutés et glacés en hurlant de douleur.

Simultanément, le Tyran déchargea toute sa puissance flamboyante sur son propre pilier qui sembla prendre feu. L’Abyssal hurla de plaisir avec une telle violence que son cri s’entendit jusqu’aux tréfonds de Ciféris, apportant la jouissance à de nombreuses succubes endormies. Le Catalyseur s’enflamma comme une torche huilée.

L’orage redoubla de violence, des éclairs s’abattirent en série, boutant le feu à la forêt sur une gigantesque surface circulaire. Dans le ciel, des lumières rouges et bleues s’allumèrent, dansant parmi nuages et les éclairs. Au grondement du tonnerre se joignirent des chants gutturaux et hauts perchés, libérant une cacophonie insoutenable. Se bouchant une oreille d’une main en grimaçant, la femme aux lunettes abattit l’autre sur le bouton rouge. Aussitôt, les machines sphériques démarrèrent dans un vrombissement de fin du monde. Les boules de métal furent parcourues d’arcs électriques qui s’élevèrent dans les Cieux, rejoignant les lueurs issues des dimensions de Ciféris et Célestia.

Puis le temps s’arrêta, le silence s’imposât et plus un bruit ne se fit entendre à des kilomètres à la ronde. L’Humaine leva les yeux vers le ciel illuminé comme en plein jour, une goutte de sueur perla à son front, puis ce fût l’implosion.

Le ciel sembla se déchirer dans un craquement monstrueux. Une bulle violette emplie d’étoiles s’élargit soudain à plusieurs centaines de mètres du sol et, alors que ses tympans éclataient, Morgause vit se déverser par cette ouverture les Armées Angéliques de Selvaria et les Légions Démoniaques de Kazuya.

La guerre entre les trois races va reprendre ses droits. Et le Monde d’Aiwo en sera probablement à jamais bouleversé…*

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